Tête bien remplie, tête bien faite...

Publié le par Pencil et Pinouac

Cela ne fait pas si longtemps que j'ai obtenu mon baccalauréat (en 2006). Et, lorsque j'entends les divers débats portés sur l'école dans son ensemble, je tente alors de me replonger dans ces longues années d'ennui et quelques souvenirs me reviennent. Au-delà de relations houleuses avec mes camarades, je me souviens d'un cours de Géographie sur les Etats-Unis en terminale. Au premier abord, rien de bien particulier, d'ailleurs, je serai bien en peine de vous citer ce qui a été dit. Mais, la remarque d'un de mes camarades m'a interpellée et m'interpelle toujours. Ainsi, il a dit  "de toute façon, les américains sont des cons, ils font la guerre en Irak, ils savent pas bouffer...".

Je pensais qu'il plaisantait, ou du moins qu'il parlait en connaissance de cause; et bien non. Alors, oui, nous n'avions que 17 ans,  nous étions naïfs. Mais, alors que doit dire un jeune américain qui apprends les différentes étapes de la colonisation française, la guerre d'Indochine, la guerre d'Algérie et j'en passe.... A pardon, excusez-moi, selon ce camarade  "les américains ne savent pas placer la France sur un planisphère". 

En outre, le plus terrible, c'est que cette personne est élève dans un lycée privé. Lycée qui, par ailleurs ne cessait par le biais de certains professeurs de vous faire croire que vous êtiez le nec plus ultra. Ainsi formaté, on peut facilement devenir  quelqu'un rempli de certitude, on se dit tout savoir, tout comprendre. Et puis, entre enfants de notables, on discute de la banlieue, de ces "racailles" avec un regard assez critique (et pourtant, que savons-nous des banlieues ? Ce qu'en disent les médias).

Et pourtant, ce n'est pas si loin...,
à quelques pas des "beaux" quartiers. Vous savez ces quartiers souvent assimilés à des ghettos (quelle honte de dire ça !), malmenés par les médias. Et là, l'un des moyens pour les jeunes de s'épanouir intellectuellement, d'apprendre, de s'intégrer lorsque ces derniers sont issus de l'immigration, c'est l'école.

Au fond, il n'y a pas de différence entre les jeunes de banlieue et les citadins.
Mais, la coutume consumériste a fait son chemin ainsi que l'importance donnée au diplôme. Pour ce qui est de la consommation, cela va de la marque du jean, à l'achat d'un I-pod ou je ne sais quel appareil high-tech. Pour ce qui est de la réussite, c'est le diplôme d'une grande école, ou faire la Star'ac. Là où les citadins ont la chance de ne pas vivre dans le besoin, sont plus ou moins intégrés par le statut social de leurs parents, ce n'est pas de manière générale le cas pour d'autres jeunes. Aussi, certains se sentent refoulés par une société qui ne semble pas vouloir d'eux alors qu'elle a appelé leurs parents. Alors, à l'heure où la télé prône le culte de l'argent, où l'insertion professionnelle est difficile, on deale pour certains,  brûler des voitures pour d'autres...on ne croit plus en rien. 
Et malheureusement, cela stigmatise encore plus l'image des banlieues.

Autant dire que nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Peut-être que le jour où des portes auront été ouvertes, des stéréotypes levés, on avancera. Peut-être, le jour où l'école inculquera aux enfants d'envisager les choses collectivement et non de façon strictement individualiste, on avancera. Peut-être que si on mettait en lumière la mobilité possible du marché du travail à savoir que si le diplôme donne un avantage de carrière au début, ensuite, c'est la personnalité et l'expérience qui font la différence, on s'en porterai mieux.

On en est venu à un point où certains jeunes citadins croient tout savoir et certains jeunes de banlieues qui ne croient plus en rien.

Pinouac

Publié dans Divers

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