l'Observatoire français des industries papetières : Concours

Publié le par OVEP

 Afin de promouvoir le secteur, l'observatoire français des industries papetières a organisé un concours réunissant des étudiants papetiers de France. Il s'agissait pour les étudiants volontaires de rédiger un texte sur le thème "Imagine un monde sans papier et sans carton".
La semaine dernière, le jury a décerné le premier prix avec les honneurs à Samuel BRACONNIER, étudiant au CFA papetier de Gérardmer.

Félicitation Samuel !!!!!!!!!!

Imagine un monde sans papier et sans carton.

Il était un petit homme qui avait une drôle de maison en carton, des escaliers en papier. Un jour en montant chez lui, il s’y ait cassé le bout du nez, l’a raccommodé avec du joli fil doré. Jugeant l’endroit trop dangereux, il décida par un beau matin ensoleillé de partir chez son ami Urbain. Quelle fut sa surprise lorsqu’il découvrit pour la première fois la ville, il n’y était encore jamais allé. Tout paraissait beau et moderne, des écrans géants diffusaient les informations utiles aux gens, les bibliothèques se rangeaient dans un livre électronique, les mouchoirs subsistaient en de minuscules aspirateurs sophistiqués. D’immenses parasols fournissaient l’ombre aux promeneurs que les arbres offraient avant que l’on ne les coupe tous pour y construire de belles usines, certes polluantes, mais produisant les nouveaux plastiques Atoufère tant appréciés. Les premiers jours furent pour monsieur Origami émerveillement devant ces nouvelles technologies auxquelles il n’était pas habitué, dans ce monde, des savants avaient réfléchi pour construire une ville intelligente au service de l’homme. Pourtant, quelque chose manquait, tout rapport à la nature avait disparu, les matériaux et supports naturels tel le papier ne semblaient plus intéresser quiconque, tant est si bien, que la ville figurait stérile. Le souvenir d’une place de concert, l’accès aux transports en commun et même les papiers d’identité se résumaient à la lecture des sillons de l’index. Le bruit frêle du glissement d’une page tournée avec la fièvre du lecteur suspendu à son roman s’était envolé lors de l’avènement du papier électronique. Le plaisir de la glisse d’une plume à former les pleins et les déliés d’une écriture fine était tombé sous le coup des clapotis des claviers. D’ailleurs, rares étaient les boutiques de jouets à vendre encore des crayons, étranges objets primitifs passés en désuétude. Même l’odeur suave du papier d’Arménie, premier désodorisant d’air ambiant s’était volatilisé des logis. L’air était triste, l’atmosphère pesante. Origami ne se sentait pas chez lui, ce monde n’était pas le sien, bien que des inventions toujours plus complexes tendent à simplifier la vie, la simplicité demeure rassurante. Il aimait sa maison, et sa maison lui manquait ; il voyait la vie dans ses murs, une matière noble, propre à le servir dans son quotidien sous de nombreux aspects. Enrichi de cette expérience, notre petit homme rentra joyeusement chez lui, renforça ses marches enfin de ne plus revivre une telle mésaventure, puis s’assoupit dans son fauteuil… en carton naturellement.

Samuel BRACONNIER.

Pinouac

Publié dans Un peu de lecture

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