Le livre du voyage!!!! La suite...Chap 4-5-6

Publié le par Cappie

Bonsoir, bon je l'avoue Edgar Allan Poe c'était un peu dur pour une première lecture...donc je vous propose chapitre aprés chapitre tous les 2, 3 jours le livre du voyage...

Si vous aimez la lecture et que vous avez un ordinateur, une seule chose à dire: bonne lecture 

Mon but est la publication de livres à partir de textes libres de droit ; Je suis un jeune qui désire être cultivé et j'ai décidé de  partager avec vous cette culture et par la même de défendre la "culture libre". Etant un lieu d'échanges et de débats ce blog vous permet de discuter avec nous de la pensé "culture libre"  tout en profitant de la lecture de ce livre plaisant à lire(eviter les insultes, préférés les mercis) en cas de probleme veuillez me laisser un message (Cappie est responsable de ce schmilblic) le livre que je souhaite vous présenter est le livre du voyage...de Bernard Weber.


Chapitre 1:
 

Bonjour.

Je me présente

Je suis un livre et je suis vivant.

Je m'appelle « Le Livre du Voyage ».

Je peux, si vous le souhaitez, vous guider

pour le plus léger, le plus intime, le plus

simple des voyages.

Hum...

Puisque nous allons vivre quelque chose de

fort ensemble,

permets-moi tout d'abord de te tutoyer.

Bonjour, lecteur.

Tu me vois.

Je te vois aussi.

Tu as un visage lisse aux yeux humides.

Et moi je te présente ces pages de papier

recouvertes de petits caractères qui forment

ma figure pâle.

Notre contact s'est aussi établi au niveau de

la couverture.

Je sens tes doigts contre mon dos,

tes pouces contre mes deux tranches.

Ça me chatouille un peu, d'ailleurs.

Il est temps de pousser plus loin les présentations.

Je m'appelle « Le Livre du Voyage », mais tu

peux aussi m'appeler :

« Ton livre. »

Renonce à me mettre une étiquette et

prends-moi tel que je suis.

Un livre de voyage.

La particularité de ce voyage, c'est que tu en

es le héros principal.

Tu l'as déjà été.

Mais c'était jusque-là, comment dire, plus...

indirect.

On ne te l'avait pas signalé mais :

Jonathan Livingstone du roman de Richard

Bach c'était déjà toi.

De même que le Petit Prince de Saint-Exupéry,

l'homme qui voulut être roi de

Kipling, le prophète de Khalil Gibran, le

Dune messie de

de Lewis Carroll.

Ces héros étaient, encore et toujours, toi.

Mais ce n'était pas ouvertement exprimé.

Moi, « Le Livre du Voyage », je n'ai pas cette

pudeur ou cette délicatesse.

Au risque de te choquer, je ne te donnerai

qu'un nom :

« Toi. »

Car toi seul accomplis quelque chose ici et

maintenant :

la lecture.

Et puis, tu es aussi le maître de ce voyage,

mon maître.

Durant cet envol, moi, je ne serai là que

pour te servir et être ton petit guide d'encre

et de papier.

Dans mes pages, tu ne trouveras pas toutes

les métaphores habituelles, ni les personnages

que tu rencontres dans les romans

ordinaires.

Tu ne pourras pas te prendre pour le chef

des pirates, le roi des marécages, le maître

des lutins, le magicien de la forêt, le banni

de retour, le savant incompris, le détective

alcoolique, le musicien génial, le mercenaire

solitaire.

Tu ne pourras pas te prendre non plus pour

la princesse charmante, la mère courageuse,

l'infirmière espionne, la reine des

fantômes, la déesse manipulatrice, l'étudiante

fleur bleue, la femme vampire, la

prostituée au grand coeur, l'actrice déchue,

la sorcière géniale ou l'ethnologue solitaire.

Tu ne pourras te prendre que pour toimême.

Désolé.

Je crois qu'un bon livre est un miroir où tu

te retrouves.

Dans mes pages, tu ne rencontreras pas non

plus de ces somptueux méchants qu'on rêve

de voir décapiter à la fin, tripes fumantes à

l'air, en expiation de leurs crimes ignobles.

Pas de traître inattendu.

Pas d'amis décevants.

Pas de tortionnaire sadique.

Il n'y aura pas de vengeance spectaculaire,

ni de coups de théâtre inattendus, aucun

innocent à libérer, aucune cause désespérée

à défendre devant des jurés sceptiques, pas

d'assassin à découvrir parmi une liste de

suspects, aucun trésor enfoui à déterrer

avant que la bombe à retardement branchée

sur la minuterie du four à micro-ondes ne

se déclenche.

Il faudra que tu t'y fasses.

Il n'y aura pas de ces drames d'amour poi-

gnants, qui finissent bien ou mal selon les

humeurs personnelles de l'auteur et ses

démêlés avec sa dernière muse.

Il n'y aura pas non plus de ces longues

phrases tarabiscotées qui sont très décoratives

mais dont on ne démêle pas très bien

le sens.

Des petites phrases courtes te transmettront

l'information telle quelle.

Comme ça.

Ou ça.

Je peux même faire encore plus court,

tiens :

Ça.

Et chaque fois on reviendra à la ligne.

Lis-moi comme un conte.

C'est ainsi que je serai le plus caressant à tes

pupilles.

Certes, je sais que je ne suis qu'un objet.

Pourtant, il ne faut pas que tu me sousestimes.

Parfois les objets peuvent venir en aide aux

êtres dotés de conscience.

Parfois les objets sont vivants.

Je suis ton livre ET je suis vivant.

Je ne suis formé que de fines tranches de

cellulose provenant des forêts norvégiennes.

Ces mots ne sont que des signes tracés à

l'encre de Chine extraite de quelques

pieuvres asiatiques malchanceuses.

Cependant, la manière dont ils sont agencés

pour former des phrases et la manière dont

ces phrases peuvent chanter à tes oreilles

sont capables, non seulement de changer ta

perception de cet instant,

mais de te changer toi et donc

de changer le monde.

À partir de maintenant je te propose de me

percevoir non plus comme un long déroulement

de mots et de virgules,

mais comme une voix.

Écoute la voix du livre.

Écoute ma voix.

Bonjour.

Selon ta manière de m'appréhender, je peux

être rien.

Juste un morceau de carton et de papier

pratique pour caler les armoires.

Je peux être beaucoup si tu le désires.

Quelque chose que tu pourras consulter

sans cesse où que tu sois.

Quelque chose qui ne te laissera jamais ni

seul ni sans sortie de secours.

Un ami de papier.

A toi de choisir ce que tu feras de moi.

Si j'ai un conseil à te donner : profite,

abuse de moi.

Mon seul souhait est de te faire du bien.

Mais si tu n'es pas capable de recevoir mes

bienfaits,

ne t'inquiète pas,

même si tu ne m'accordes aucune importance,

même si tu me déchires, me brûles, me

noies,

même si tu m'oublies dans une bibliothèque,

je suis doué d'ubiquité; ailleurs, quelqu'un

saura m'apprécier et profiter de mes largesses.

Le fait de m'avoir acheté te donne, certes,

des droits.

Le fait d'exister auprès de milliers d'autres

gens, sans limites d'espace et de temps, me

donne des pouvoirs que tu ne peux même

pas mesurer.

Je suis ton compagnon, humble et hyperpuissant.

Veux-tu du grand voyage dont je t'ai parlé ?

et Alice au pays des merveilles

Chapitre 2: Ton Contrat

Si tu veux continuer avec moi, il va nous

falloir passer un contrat.

Tu attends de moi que je te fasse rêver.

J'attends de toi que tu te laisses complètement

aller et que tu abandonnes un

moment tes soucis quotidiens.

Si tu n'es pas prêt, mieux vaut nous séparer

tout de suite.

Si tu te sens mûr pour sceller ce contrat, il

va falloir que tu accomplisses un geste.

Un tout petit geste de rien du tout mais qui

pour moi aura valeur d'engagement.

Tu tourneras la page quand tu auras lu la

phrase :

 

Alors... tu y vas ?

Si tu accomplis cet acte, je considère le

contrat signé.

Ne t'engage que si tu souhaites

très fort qu'il se produise

quelque chose entre nous.

Ce qui arrivera ensuite ne dépend que de

toi.

Je vais te suggérer une odyssée, mais toi

seul pourras lui permettre d'exister.

 

 

C'est ta volonté de te faire plaisir qui en sera

le moteur.

C'est ton imagination qui bâtira les décors

suggérés par mes mots.

C'est ta capacité à comprendre les autres

qui tissera la psychologie des personnages.

Je ne suis qu'un assistant.

Un infime guide au voyage.

Si tu tournes la page, on tente l'expérience

ensemble.

Alors... tu y vas?

Merci de ta confiance.

Bien.

Il faut tout d'abord te préparer au voyage.

Nul besoin de valise, de passeport, de

lunettes de soleil, de crème solaire, de maillots,

mais comme pour décoller en avion il

va te falloir choisir : une piste dégagée, et

un instant propice.


Chapitre 3: Ton lieu de décollage:

Le lieu où tu vas me lire sera un lieu de

quiétude.

Il faut que cet endroit soit rempli de bonnes

ondes.

C'est peut-être ton appartement, un café,

une bibliothèque, ton lieu de travail, ton

lieu de vacances.

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Ou bien un wagon de métro, un bus,

un train, un avion ou un bateau.

Cet endroit doit être suffisamment éclairé,

suffisamment aéré, suffisamment silencieux

pour que tu l'oublies.

Passons maintenant au siège.

 

Chapitre 4: Ton siège
Il faut trouver un fauteuil confortable, où
aucun muscle ne sera froissé, aucune articulation
tordue, où il n'y aura plus dans ton
corps la moindre tension.
Un hamac serait l'idéal, ou un divan rembourré
dans lequel tu t'enfoncerais complètement.
Ou le moelleux d'un gazon fraîchement
coupé.

Ou un lit tiède.
Dans ce dernier cas, fais bien attention à ce
que tes pieds soient parfaitement bordés.
Pas de courants d'air sur les orteils.
Si ton compagnon ou ta compagne de lit
tient à coller ses pieds glacés contre ta
peau : refuse énergiquement.
Si il (ou elle) n'obtempère pas, insiste,
menace, sois ferme, parle-lui de ses parents
qui t'ennuient le week-end, des corvées
ménagères mal réparties, du tube de dentifrice
pas rebouché et de ses affaires qui
traînent partout.
Je ne suis pas là pour semer la zizanie dans
ton couple mais je considère que tu n'as pas
non plus à te laisser dominer.
Tu as droit à une heure de quiétude, ne
serait-ce qu'une fois dans ton existence.
Une heure durant laquelle personne ne te
réclamera rien, personne ne te menacera de
rien, personne ne viendra parasiter ton
esprit avec ses soucis.
Une heure de tranquillité.
Pour me lire.
Zut!
Je suis un livre, mais je suis aussi une maîtresse,
ou un amant exclusif durant les
moments où nous fusionnons.
Après ma lecture tu fais ce que tu veux,
mais quand tu es avec moi, j'exige
ton attention.
Sois attentif.
Si tu n'as pas assez de courage pour affronter
le partenaire de tes nuits, ou les fâcheux
auxquels tu t'es, bon gré mal gré, habitué,
ce n'est pas grave, referme-moi,
il n'est pas encore trop tard,
je te libère de ton contrat.
Il y a des tas d'autres livres qui ne te
demandent rien et se laissent lire dans les
situations les plus inconfortables.
Il y a même des livres qui ne te demandent
qu'une seule chose : être achetés.
Même pas lus, juste achetés.
Si tu as poursuivi ta lecture jusqu'ici, il est
temps de te libérer de tes dernières
entraves

 

Chapitre 5: Quitte tes entraves
Tout d'abord ôte tes chaussures, ta ceinture,
ta montre, tes bagues, tes bijoux et tout ce
qui te pèse sur l'épidémie.
Tes boucles d'oreilles te grattent?
Enlève-les.
Ton piercing rouille ?
Enlève.
Il y a des moustiques ?
Utilise une moustiquaire.
Tu as froid, tu as chaud?
Règle la température au mieux et ne
reprends la lecture que lorsque tu te sentiras
bien.
Décroche le téléphone et débranche la sonnette
de la porte.
Éteins la télé.
Oublie les actualités, c'est trop démoralisant.
Attends que les enfants soient couchés.
Range leurs jouets qui traînent dans le
salon, ça fait désordre.
Débarrasse la table.
Empile la vaisselle sale dans l'évier.
Crache ton chewing-gum.
Éteins ta cigarette et vide le cendrier pour
ne pas subir l'odeur du tabac froid.
Tu n'as même pas besoin de musique.
Tu vas voir, c'est moi qui produirai de la
musique dans ta tête.
Je suis assez puissant pour occuper tous
tes sens.
Comme ça, juste par le pouvoir grandiose
des mots.
Apprécie cette éphémère tranquillité que tu
t'es aménagée.
Détends-toi encore.
Il faut que tu saches que, chaque fois que tu
tourneras une page, nous franchirons
une étape supplémentaire,
pour que tu sois encore plus détendu
et pourtant encore plus conscient.
Bientôt des images vont venir.
Si cela peut t'aider, ferme les yeux
quelques instants pour mieux les voir.
Respire un grand coup, ça va commencer.

 

Chapitre 6: Ton corps s'apaise
Voilà.
Pense à ton corps.
Au moins une fois dans ta vie, pense à ton
corps.
Sens ta respiration devenir plus fluide, telle
une vague te balançant d'avant en arrière.
En avant, tu inspires.
En arrière, tu expires.
Quand tu inspires, visualise le sang qui surgit
de tes extrémités, qui remonte les capillaires,
les veines, les artères, jusqu'à ton
coeur.
Milliers de ruisseaux rouges qui se transforment
en petits fleuves moutonnants.
Ton coeur les aspire.
Effet de pompe.
Ça puise.
Quand tu expires, perçois ton coeur qui
repousse le sang vers tes poumons.
Tout le stress et le gaz carbonique ressortent
à travers ton souffle.

Ça fuse.
Inspire.
Expire.
Nettoie ton sang.
Charge-le d'air pur. Charge-le d'énergie.
Inspire.
Expire.
Ton corps n'est plus que cette vague
souple et lente qui te berce mollement.
En avant.
En arrière.
Ta mâchoire se décrispe.
Tes paupières battent plus lentement.
Tu te détends encore un peu plus.
Maintenant que tu es apaisé
tu vas profiter de cet instant de totale
relaxation pour t'envoler.

 

 

 

...A bientot pour la suite...

 



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