L'Ecole de la haute fonction publique fait grinçer les dents...
Tout le monde connaît les instituts d'étude de sciences politiques (Sciences-po) dont la plus connue est celle de Paris. Mais moins nombreux, sont ceux qui connaissent l'Ecole Nationale d'Administration (ENA), crée en 1945, et dont la finalité est de former ce qu'on appelle les hauts fonctionnaires.
Parmi les anciens élèves, on peut citer les noms de personnalités politiques, Jacques Chirac, Dominique de Villepin, François Hollande, Ségolène Royale, mais aussi des personnalités du secteur privé comme Louis Schweitzer, Daniel Bouton, Alain Minc.
Si cette école reste et restera, j'en suis certain, très prisée. Il n'en reste pas moins qu'elle est source de vives critiques.
La question est simple : pourquoi ?
Comment se fait-il que l'on remette en doute la capacité de gouverner des énarques ?
Pour répondre à ces questions, je pense qu'il est nécessaire de commencer par le commencement à savoir, pourquoi l'ENA a-t-elle été créée.
L'ENA a donc été créée après la seconde guerre mondiale au moment où il fallait reconstruire une France détruite. Il fallait faire de l'Etat français un Etat fort qui assure alors la meilleure allocation des ressources disponibles. Mais avec le temps, l'ère du dynamisme entrepreneurial s'est substitué à l'ère de la reconstruction étatique. Ainsi, pour Bernard Zimmern, l'ENA n'a plus sa place aujourd'hui, tout simplement parce que l'Etat n'est de nos jours plus qu'un "fardeau paralysant". Par ailleurs, le rapport Thibault de Silguy nous révèle que si les pays en développement souhaiteraient disposer d'une école type l'ENA, en revanche, aucun pays développé n'a créé une école "censée être la seule voie en principe unique d'accès à la haute fonction publique".
Mais les critiques les plus vives sont tournées davantage sur le corporatisme et sur le conditionnement intellectuel des candidats. Ainsi, dès lors qu'un énarque intégrerait une administration, un véritable boulevard de carrière lui serait ouvert (les promotions ne se feraient pas au mérite). Car il faut savoir, qu'à la différence des autres pays, le point de départ se situe au niveau de la formation. Pour ce qui est du conditionnement intellectuel, on leur repproche l'apprentissage de la pensée unique et l'absence de prise d'initiative directe au profit de création intempestive de commission d'études.
D'autre part, omettre de parler du "pantouflage" c'est-à-dire la mode de l'énarque qui tend à s'orienter dans le secteur privé. Si certains ont échoué dans le monde de l'entreprise, pour d'autres, cela en a été autrement comme Louis Schweitzer par exemple.
Pour conclure, je dirai qu'avec une instrumentalisation de la réussite à tout prix , qu'avec un numerus clausus à la sortie, il paraît malheureusement crédible qu'un grand nombre d'énarques prennent "la grosse tête". Mais je ne peux me résigner à penser que certains d'entre eux ne font pas abstraction de cette mentalité, hélas très en vogue dans notre société actuelle.
Peut-être nous porterions nous mieux sans ce type de raisonnement du "je suis quelqu'un" ?
Arrêtons de créer sans cesse des distinctions qui n'ont pas lieues d'être.
Pinouac