l'AFP, une "objectivité" contestée

Publié le par Pencil et Pinouac

Mardi dernier, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, a annoncé que son parti avait saisi le Conseil supérieur de l'AFP (Agence France Presse) afin d'obtenir des explications sur les raisons pour lesquelles cette agence n'avait pas traité certains des communiqués du parti relatifs à l'affaire qui opposait Ségolène Royal à deux de ses anciennes attachées-parlementaires le mois dernier. Autrement dit, l'UMP porte sa demande sur la question de l'objectivité de l'AFP, autant dire que cette accusation implicite n'est pas sans rapport avec l'indépendance de la presse de façon générale.
Pourtant, en terme d'indépendance tant financière, que idéolique, l'AFP l'a semblablement totalement. Rappelons tout de même que l'AFP bénéficie d'un statut particulier (loi du 10 Janvier 1957) que je ne détaillerai pas si ce n'est qu'elle n'est pas financée par des deniers publics mais de ses seules ressources commerciales (pas d'actionnariat, pas de capital).
Et malgré cela, l'UMP considère qu'elle a été victime d'une censure politique, qu'elle a été "confrontée à une obstruction volontaire" de l'AFP. 
De son côté, l'AFP précise qu'elle n'a pas reçu l'un des communiqués, qu'elle a publié celui reçu le jour même de la condamnation de Ségolène Royale. Quant au PDG de l'AFP, il rappelle que "la rédaction a des règles de fonctionnement qui reposent sur la notion de choix des faits en permanence parmi la multiplicité des faits, événements, des déclarations" ajoutant également que l'agence n'avait pas vocation à "devenir une machine à diffuser des communiqués".

Cette victimisation n'est pas sans rappeler celle clamée par Nicolas lui-même, lors du recadrage de la majorité la semaine dernière (dont ironie du sort, l'épisode OGM en montre ses déboires). Rencontre où Nicolas ne s'était pas gardé d'affirmer selon un député que la seule opposition était la presse, et là aussi, il dénonçait l'absence de médiatisation de l'affaire concernant sa rivale aux présidentielles. Vous voyez, ce sont dans ces moments-là que l'on peut contempler la fourberie politique dans toute sa splendeur. Nicolas n'a vraiment pas changé dans sa conception des médias et il nous le fait savoir enfin surtout à ses députés qui le lui rendront si bien.

Enfin la relation entre la politque et les médias est un sujet épineux notamment du fait de la remise en cause de l'indépendance de certaines rédactions appartenant à des industriels (qui dans certains doivent le regretter), du fait des copinages entre journalistes et politiques. Une autre illustration de la remise en cause de l'indépendance des journalistes peut être apportée. C'est celle d'Alain Duhamel qui pendant la campagne présidentielle avait fait part à des étudiants de sciences-politiques, qu'il voterait François Bayrou. Une vidéo clandestine ayant été diffusée, France 2 et RTL avaient dès lors décidé de le sanctionner en l'interdisant d'antenne pendant six mois. Et pourtant au combien Alain Duhamel est un journaliste indépendant et talentueux.
Quoiqu'on en dise, l'indépendance de la presse va faire couler encore beaucoup d'encre.


Pinouac
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Publié dans Média

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